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Mardi 31 janvier 2006

Article 8/ RESULTATS PROTHESE DISCALE

Extrait du Congrès SOFCOT

Jeudi 10 novembre 2005



 Les centres de rotation intervertébraux avant et après implantation d'une prothèse discale lombaire.

Joël Delécrin, Hervé Chataignier, Jérôme Allain, Jean Paul Steib, Jacques Beaurin(Nantes)


 

Introduction :


L’intérêt théorique de la prothèse discale par rapport à l’arthrodèse serait de pouvoir restaurer une mobilité segmentaire vertébrale physiologique et de ne pas perturber ainsi la cinématique des étages adjacents. Le but de cette étude était d’étayer ce concept en déterminant les centres de rotation des segments intervertébraux lombaires avant et après implantation d’une prothèse discale à plateau mobile (MobidiscÒ).


Matériels et méthodes :

Il a été réalisé avant et après implantation d’une prothèse discale lombaire sur 32 patients des clichés dynamiques de profil en flexion-extension en position assise le bassin stabilisé. Un progiciel spécifique (SpineviewÒ) a permis à partir des radiographies numérisées et une reconnaissance semi-automatisée des contours des corps vertébraux le calcul des centres moyens de rotation. Le seuil minimal pour ce calcul automatique était de 5  de mobilité.


Résultats :


En préopératoire peu de centres de rotation purent être déterminés du fait de l’absence de mobilité.


=>Dans 3 cas ils sont apparus pathologiques. En postopératoire avec un recul de 3 à 12 mois, dans 13 cas ils se localisaient « physiologiquement » dans les moitiés postérieures ou du disque ou du corps vertébral inférieur prés du plateau vertébral.


=>Dans 14 cas, le centre moyen de rotation n’a pu être déterminé en raison de mobilités inférieures ou égales à 5 .


=>Dans 3 cas, pour des implants qualifiés de surdimensionnés le centre de rotation est apparu plus « céphaliquement » situé.

=>Dans 2 cas le centre de rotation est apparu trop antérieur sur des prothèses implantées trop antérieures. Aucune perturbation des centres de rotations des segments adjacents n’a été observée.



Discussion :


La mise en évidence d’un centre de rotation anormal en préopératoire pourrait être un indicateur supplémentaire d’une instabilité présumée. La prothèse discale semble dans certains cas pouvoir restaurer un centre physiologique de rotation. Mais la position et l’épaisseur de l’implant peuvent influencer leurs localisations.




Conclusion :


La restauration d’un centre physiologique de rotation du segment intervertébral prothèsé et l’absence de perturbation des centres des segments adjacents plaident en faveur que la prothèse pourrait réduire l’incidence de la dégradation arthrosique des segments adjacents en comparaison à une arthrodèse sous réserve d’une implantation et d’une taille correctes.



Source de l’article

http://www.sofcot.com.fr/www/Programme/2005/resumes%20jeudi1.htm

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Vendredi 13 janvier 2006

   article 7 : Anatomie du mouvement "On the Move"

Dr. med. Bruno Baviera, médecin-chef rheumatologue et directeur de l'Ecole de physiothérapie, Schinznach-Bad/Suisse

 

INTRODUCTION

La position assise qu'implique de plus en plus notre manière de vivre et de travailler nuit toujours davantage à nos systèmes postural et locomoteur. Les douleurs dorsales engendrées par cette situation sont effrayantes. Aux souffrances que doit endurer l'individu s'ajoutent, pour la société, des conséquences financières se chiffrant en milliards chaque année.

Notre corps est conçu pour le mouvement. Beaucoup de gens sont malades aujourd'hui par suite d'une sollicitation insuffisante ou excessive de leur corps. Il en résulte une manque généralisé d'entraînement qui provoque des douleurs et favorise l'absentéisme.

De nos jours, 80 % des êtres humains connaissent des problèmes de dos. Parmi les personnes de moins de 45 ans, un cas d'invalidité sur trois est dû à des douleurs dorsales. Des études scientifiques ont démontré qu'un changement de comportement pourrait épargner jusqu'à 70 % des coûts engendrés par les problèmes de dos. Ceux qui sont les mieux informés de la structure et de la fonction de leur système postural sollicitent leur dos avec davantage de ménagement

Le corps humain est conçu pour marcher et courir.


Le petit enfant accomplit de sa propre volonté une multitude de mouvements, libre qu'il est de toute entrave. Il entraîne son corps au gré de jeux continuels. Le jeune homme, en revanche, est freiné dans son besoin naturel de mouvement par ses parents stressés et un logement trop exigu. Au jardin d'enfants déjà, nous sommes assis pendant des heures et nous le sommes encore davantage plus tard à l'école.

Les méthodes modernes de production, surtout dans les nations industrialisées, ne laissent plus guère d'activités physiques à l'homme d'aujourd'hui. La majorité des personnes actives passent de longues heures de leurs journées de travail en position assise. Elles sont assises pour le repas de midi, assises au volant de leur voiture, encore assises, le soir, devant la télévision.

Comme beaucoup de ces activités en position assise ne peuvent être menées en marchant ou en restant debout, il vaut la peine de se pencher sur cet instrument dont on a si souvent besoin : la chaise. Une collaboration entre le médecin et le fabricant de meubles peut aboutir à la création d'un meilleur équipement, qu'il soit scolaire, de bureau ou pour l'habitat. Un siège ou un meuble judicieusement conçu donne au mouvement la liberté qui lui est nécessaire.


 

QU’EST-CE QUE L’ON ENTEND PAR POSTURE ?

Pourquoi devons-nous nous supporter nous-mêmes ?


Notre corps est soumis à la force d'attraction terrestre. Nous avons un poids. La posture est donc une question d'endurance.

De plus, notre système postural n'est pas sollicité seulement par le poids de notre corps. Nous portons encore d'autres poids: caisses, classeurs, sacs de ciment, etc. Les forces de notre musculature sollicitent aussi notre système locomoteur. De toutes ces forces résulte une charge que nous devons supporter, dans toute l'acception du terme. D'ailleurs, dans l'eau, la force d'attraction terrestre est compensée par la force ascensionnelle du liquide. Le bain, d'eau chaude surtout, est donc un allégement pour le système postural. La manière dont nous supportons le poids de notre corps détermine la charge imposée à nos tissus.


L'homme se tient debout. Il balance le poids de son corps sur une surface limitée.  

Cette surface de soutien est restreinte en station debout sur un pied, un peu plus grande sur les deux pieds, plus grande encore en position assise. Plus nous agrandissons cette surface, plus notre posture est stable et moins la musculature est sollicitée.


En position idéale, toutes les parties du corps s'alignent dans l'axe vertical. Passant par le milieu de la tête, du cou, du thorax et de l'abdomen, cet axe constitue la ligne de charge. Lorsque toutes les parties du corps se trouvent sur cette ligne, la posture est équilibrée. Elle est économique, c'est-à-dire qu'elle requiert une moindre force musculaire et sollicite moins les tissus.


Mais comment en est-on arrivé là ?

L'enfant apprend à se mettre debout. Il obéit à des réactions qui le poussent à se tenir sur ses deux jambes et à marcher. Il imite ses parents. Notre posture n'est pas innée: Notre maintien résulte d'un apprentissage. Dès lors, nous pouvons le modifier et l'améliorer au cours de notre vie. Vue sous cet angle, le maintien commence dans la tête.  

 LA COLONNE : CONSTRUCTION ET FONCTION ?

Sur le plan physique, la colonne vertébrale occupe une position centrale. Elle est l'axe porteur de notre corps et commence en bas avec le sacrum. Voilà un os étrange ! Il est orienté de biais. Sa surface supérieure forme un angle d'environ 45° par rapport à l'horizontale. Notre posture prend donc appui sur une surface inclinée !

Cette base inclinée de la colonne vertébrale se justifie pour les quadrupèdes. Le sacrum, avec sa position de biais, constitue une butée idéale pour une construction en arc. Mais il n'en va pas de même chez l'homme ! La position des disques intervertébraux et vertèbres suivants interrompt abruptement cette harmonieuse disposition.

Le premier disque intervertébral placé au-dessus du sacrum est plus étroit vers l'arrière et a une forme de cale. La première vertèbre et le disque intervertébral suivants sont également plus étroits à l'arrière. Les trois seuls éléments suffisent à aplanir l'angle initial de 45° pour amener notre colonne dans sa position verticale. A cette surface horizontale du deuxième disque, fait suite une cambrure vers l'arrière, la lordose lombaire.

Dans la région du thorax, la colonne vertébrale s'incurve dans la direction opposée, soit vers l'avant : il s'agit de la cyphose de la colonne dorsale. Cette courbure favorise l'agrandissement de la cage thoracique. Les poumons qui y sont logés ont ainsi suffisamment d'espace pour assurer la fonction respiratoire

lordose cervicale,  cyphose dorsale, lordose lombaire

 Etant donné qu'en position idéale la tête doit se retrouver sur la ligne de charge, il importe, afin de compenser la cyphose de la colonne dorsale, qu'il y ait un balancement vers l'arrière dans la région de la nuque. C'est la lordose de la colonne cervicale. La somme de ces trois courbures donne à la colonne vertébrale l'apparence d'un double S.


Porter le poids de notre corps fait partie des tâches que nous devons accomplir dans notre vie, c'est même la 1ère. Mais tout arbre, tout poteau téléphonique fournit aussi cet effort ! Pour nous, la question ne s'arrête pas là, car en plus de servir à porter, notre colonne vertébrale doit être mobile. Porter et assurer la mobilité : voilà qui tient de la gageure ! Et effectivement, la nature - ou qui que ce soit - a opté pour le compromis.


Les vertèbres, éléments osseux, alternent avec les disques intervertébraux, fibrocartilages fermes et élastiques de nature gélatineuse.

 Les disques assument la fonction porteuse et permettent des mouvements des corps vertébraux dans tous les plans. Cette astuce de la nature renvoie donc le problème aux disques intervertébraux. En somme, le rôle des vertèbres se limiterait surtout à nous faire gagner de la hauteur. Pourtant, de par leur structure, elles résolvent d'autres problèmes. Leur noyau, en forme de tonneau, a également une fonction porteuse. A l'arrière, rattaché à ce noyau, se trouve un anneau osseux qui abrite la moelle épinière, partie du système nerveux central qui sert aux divers processus de régulation.

 Trois appendices osseux viennent s'appuyer sur l'anneau précité : les deux apophyses transverses sur les côtés et l'apophyse épineuse vers l'arrière. Elles servent de points de départ aux ligaments et à la musculature. Chacune des vertèbres est reliée aux autres par les disques intervertébraux et par les articulations intervertébrales. Celles-ci assurent à la colonne vertébrale une protection contre les frottements. Elles préviennent tout glissement malheureux de la vertèbre vers l'avant, surtout dans la région de la colonne vertébrale lombaire.



POURQUOI LES DISQUES INTERVERTEBRAUX SONT-ILS EN DANGER ?

La structure des disques intervertébraux n'est pas simple non plus. Bien qu'ils représentent seulement quelque 25 % de la hauteur totale de la colonne vertébrale, ils ne sont pas de moindre importance et se trouvent à l'origine de nombreuses douleurs.

Ils doivent leur capacité de résistance à un anneau fibreux dont la structure suggère les diverses couches de l'oignon.

Cet anneau est formé de fibres de tissu conjonctif épaisses et résistantes. A l'intérieur de cette gaine fibreuse se trouve un noyau gélatineux à forte teneur en eau. En cas de sollicitation, ce noyau est comprimé et l'anneau fibreux dilaté.

Lorsque le disque intervertébral se retrouve déchargé, l'anneau fibreux élastique repousse le noyau dans sa position initiale. Toutefois, ce mécanisme demande du temps. Les différentes parties des disques intervertébraux doivent garder leur mobilité. Surviennent des chocs soudains sur les disques, les éléments concernés ne peuvent pas les éviter et les forces sont retransmises sur les structures environnantes. C'est ainsi que peuvent apparaître des fissures sur l'anneau fibreux. Quand les parties du corps se trouvent disposées les unes sur les autres en position verticale, les forces sont reportées uniformément des vertèbres aux disques intervertébraux.

Chaque changement de posture implique un transfert de forces asymétrique et inégal sur les disques. Le noyau gélatineux réagit en se déplaçant du côté de la moindre sollicitation. Ces dé- placements du noyau peuvent également entraîner des douleurs, par exemple en distendant les ligaments. Une charge soudaine peut provoquer la rupture d'un anneau fibreux, avec hernie discale à la clé, si la masse gélatineuse qu'il contient s'échappe et glisse vers l'arrière dans l'espace occupé par la moelle épinière.


A QUOI SERVENT LES AUTRES STRUCTURES ?

 La colonne vertébrale est principalement formée des vertèbres et des disques intervertébraux. Un canal, le canal rachidien, parcourt toute sa longueur à travers les anneaux osseux. Dans ce canal circule la moelle épinière avec ses terminaisons nerveuses, les racines nerveuses. Radix est le terme latin pour racine. Lorsque les racines nerveuses sont irritées par un processus quelconque, le médecin parle de syndromes radiculaires.

La moelle épinière est protégée par différentes couches de tissus, les téguments de la moelle épinière. Ceux-ci comportent eux-mêmes de nombreuses fibres nerveuses sensibles et peuvent être à l'origine de douleurs dorsales. Outre les disques intervertébraux, les articulations intervertébrales retiennent également les vertèbres et les incorporent dans leur mouvement. C'est pour cette raison que la colonne vertébrale n'est pas d'une mobilité égale dans tous les plans. D'épais ligaments enveloppent l'ensemble de la colonne vertébrale à la manière d'une gaine. Par ailleurs, des ligaments fortement tendus sont logés entre les apophyses. Ils confèrent une stabilité passive à la colonne vertébrale - sauf dans le cas des contorsionnistes et autres acrobates.

Entre les apophyses et au-dessus d'elles passent les différentes fibres musculaires longues. Elles servent au soutien actif, mais aussi au mouvement de la colonne vertébrale. Une vue latérale montre des ouvertures entre les anneaux osseux et les articulations intervertébrales. Ces canaux logent les nerfs qui relient la moelle épinière aux autres tissus. Ces nerfs sont parcourus de fibres qui activent la musculature et transmettent au cerveau les informations données par le corps.

  L’ABDOMEN

Allons un peu plus au fond des choses, cela sera encore plus intéressant.

En effet, que soutient vraiment notre colonne vertébrale ?

Sans aucun doute la tête, les bras, la ceinture scapulaire et le thorax. Mais nous ne sommes pas constitués que de ces seuls éléments. La question qui se pose, c'est de savoir comment sont soutenus nos organes, internes en particulier. Notre cœur et nos poumons se meuvent presque librement dans notre thorax et il en va de même pour notre tube digestif, avec tous les organes qui y sont rattachés, dans l'abdomen.

Tous ces organes - les poumons exceptés - ont une forte teneur en eau. Pour notre sujet, nous pouvons les considérer comme des corps liquides - nous ne parlons pas des os, bien sûr. Une force ne peut pas comprimer des corps liquides, mais les déformer ou les déplacer. Il en va également ainsi de nos organes internes. Ils sont tous attirés vers le bas par la pesanteur. C'est le bassin, semblable à une large assiette, qui les retient. Le plancher pelvien est constitué de ligaments et de muscles fortement tendus. Comme il doit s'ouvrir lors de l'accouchement, il est menacé chez les femmes.

Si, après l'accouchement, une re-constitution correcte de la musculature du plancher pelvien n'est pas garantie, celui-ci peut ne plus être en mesure, par la suite, de porter suffisamment les organes. Conséquence possible d'une telle situation : des incontinences urinaires.

 

Puisque la pesanteur attire les organes de l'abdomen vers le bas et que le plancher pelvien les repousse vers le haut, ils se rabattent, s'agissant de corps liquides, sur tous les côtés. La pression qui en résulte est supportée à l'arrière par la colonne vertébrale, élément fort. A l'avant et de côté, les organes sont activement soutenus par la musculature abdominale située au-dessus du plancher pelvien. Une musculature abdominale atone ne peut pas assumer cette fonction. Les organes poussent la paroi abdominale vers l'avant. Le déplacement de poids qui se produit dans l'abdomen conduit à la formation d'une hyper lordose dans la région lombaire. Ainsi, la qualité de la musculature abdominale influence la forme et par conséquence, le degré de charge la colonne vertébrale.

SUPPORTER LES SOLLICITATIONS,

UN NUMERO D’EQUILIBRE ?

Notre posture est un numéro d'équilibre.

Un système ne peut être sollicité sans dommage que dans la mesure du supportable. En effet, plus notre système postural est entraîné, plus nous pouvons le solliciter. Sollicitation et résistance à la sollicitation doivent s'équilibrer.

Quand nos tissus sont surchargés, ils s'abîment, ce qui provoque des douleurs. Les douleurs dorsales sont l'indice d'un éventuel épuisement. Pourtant, nous trouvons une autre interprétation : il est possible - et c'est souvent le cas des patients qui souffrent du dos - que la sollicitation elle-même ne soit pas trop grande, mais que la résistance à cette sollicitation soit trop faible. Une sollicitation adaptée à un système entraîné est trop forte pour un système inexercé.

Des douleurs peuvent apparaître à la suite d'efforts soudains durant nos loisirs par exemple., et auxquels nous ne sommes pas habitués. Nos tissus ne sont pas préparés à ce que nous restions assis toute la semaine et que nous nous adonnions à une activité physique effrénée le dimanche. Lorsque surviennent des problèmes de dos, la question suivante se pose : comment réduire les effets d'une trop grande sollicitation ou comment entraîner le système pour l'adapter à cette sollicitation.

 LA POSTURE : UNE QUESTION D’ENDURANCE ?

Nous devons supporter notre poids des heures durant. A l'arrière, la musculature du dos nous stabilise et nous dirige. Nos organes sont soutenus vers le bas par la musculature du plancher pelvien et à l'avant par la musculature abdominale.

Nous devons supporter notre poids des heures durant et cela d'une manière active par l'implication permanente des muscles précités. Le développement de la force musculaire sur une longue période s'appelle endurance de la musculature.

Un problème apparaît ici. Chaque muscle se fatigue quand il est longtemps sollicité. Lorsqu'il s'agit de la musculature du maintien, les conséquences sont fatales. Quand nous ne pouvons plus supporter activement notre poids et que nous ne voulons pas défaillir, quelque chose d'autre doit nous soutenir. Les ligaments prennent le relais. Toutefois, ceux-ci ne supportent pas les sollicitations prolongées. S'ils doivent fournir un effort mécanique important, ils peuvent être à l'origine de processus douloureux.

Une posture qui n'est pas active est dite atone. Une telle posture est mauvaise et entraîne une sollicitation inadéquate des éléments de la colonne vertébrale. Vous souvenez-vous ? Les disques intervertébraux, par exemple, sont sollicités inégalement.

 Mais quelle sera l'efficacité de la musculature à long terme ? De même que sa force ou son ampleur, son endurance dépend de l'entraînement. Une posture active et correcte est donc le résultat d'un entraînement de longue durée.

Cet entraînement ne peut malheureusement pas se faire sur une chaise longue. Nous entraînons notre posture seulement en nous confrontant à l'influence de la pesanteur


POURQUOI S’ENTRAINER ?

Si nous nous penchons sur les éléments qui influencent la qualité et la quantité des structures de notre corps, nous découvrons des choses étonnantes.

Ce que nous sommes, comment nous sommes, ne relève pas seulement de l'héritage parental.


Si nombre de nos caractéristiques (le sexe par exemple) sont conditionnées génétiquement, notre existence dépend dans une large mesure de l'apport de substances. Une alimentation variée et une bonne respiration permettent la constitution des tissus. S'alimenter ne signifie pas seulement absorber des substances nutritives, mais également des fournisseurs d'énergie. Sur le plan énergétique, l'effort postural n'est donc pas un acte gratuit. La génétique et l'alimentation à elles seules ne suffisent toutefois pas à assurer la qualité de nos tissus. Leur capacité d'adaptation confine au miracle. La teneur en calcium des os dé-pend de la mesure dans laquelle ils sont sollicités. La capacité des cartilages à amortir les chocs dépend des pressions qu'ils ont à supporter. La force d'un muscle dépend de son implication énergétique.

En plus des programmes qui nous ont appris à nous tenir correctement, notre maintien dépend aussi de l'entraînement de nos tissus. Cela n'est pas seulement valable pour la musculature, mais aussi pour les disques intervertébraux, les ligaments, les articulations de la colonne vertébrale entre autres.

 POURQUOI LES MUSCLES SE CRISPENT-ILS ?

Un muscle déploie de la force. Celle-ci sert à la posture et au mouvement. Des milliers de fibres musculaires y contribuent. Le système nerveux active, chaque fois selon les besoins, un certain nombre de fibres. Un effort important en nécessite beaucoup, alors qu'une légère sollicitation en demande moins. Les fibres musculaires se fatiguent rapidement. Plus la sollicitation est durable, plus les fibres se trans-forment en cours d'implication. Les premières fatiguées sont relayées par d'autres. Cet échange permet le travail d'endurance. Si l'effort exigé est trop grand ou trop durable, le système nerveux cherche à intensifier l'activité des fibres musculaires, qui alors se crispent.

Le muscle émet également de la chaleur. Si le milieu est trop froid, la musculature s'active et produit de la chaleur. Si elle n'a pas de travail mécanique à fournir, la musculature se crispe. Lorsqu'une surcharge des ligaments due à une mauvaise posture provoque des douleurs, la musculature du dos s'active pour calmer l'endroit douloureux. Conséquence : une crampe musculaire apparaît.

Si la musculature doit accomplir un travail de longue durée sans possibilité de mouvement, son alimentation est interrompue. Il en résulte de la fatigue et, plus tard, de la crispation. Stress, anxiété et bruit, par l'activation de certaines zones cérébrales, sont également vecteurs de crampes musculaires.

POURQUOI LE MOUVEMENT EST-IL SI IMPORTANT ?

"On the move" - Il nous faut du mouvement ! Pourquoi ? Nos tissus vivent d'un approvisionnement constant en oxygène et en substances nutritives. De même, les métabolites sont constamment produits et évacués. Pour produire et éliminer toutes ces substances, il faut de l'énergie et des voies de circulation.

Les axes principaux de notre système d'approvisionnement sont les vaisseaux sanguins, le moteur de ce système est le cœur. Cependant, notre corps n'est pas constitué à 100 % de sang. Un homme de 60 kg a, au plus, 6 litres de sang, soit au maximum 10 % du poids de son corps.

90 % de notre masse corporelle se situent en dehors ou entre les vaisseaux sanguins. C'est là que sont les cellules et les tissus à approvisionner.

Mais quelles sont les forces qui déplacent les substances nutritives dans ces zones ?

 Représentons-nous notre corps comme une éponge imbibée d'eau. Si nous pres-sons un côté de l'éponge, l'eau se déplace du côté qui n'a pas été pressé. Si nous appuyons maintenant sur l'autre côté, l'eau revient où elle était. De la même manière, chaque mouvement du corps, chaque changement de posture entraîne des variations de rapport dans les tissus. Ceux-ci sont traversés par des flux.

C'est par nos mouvements que nous alimentons nos tissus. En outre, les vaisseaux sanguins sont comprimés à l'intérieur des muscles cons-tamment tendus qu'ils parcourent. la circulation sanguine n'est possible qu'à par-tir du moment où il existe une action musculaire déployée en alternance. Les mouvements complètent la fonction de transport assumée par le cœur. nous vi-vons grâce au mouvement !

QUEL RAPPORT EXISTE-T-IL ENTRE LE MAINTIEN ET LE PSYCHISME  ?

Des recherches effectuées auprès de nombreuses personnes actives ont démontré qu'il existait un lien évident entre la satisfaction ressentie au lieu de travail et les douleurs dorsales. On a constaté que les problèmes de dos évoluaient plus favorablement chez ceux qui étaient contents de leur travail.

Nous savons aussi, sans avoir besoin de nous référer à des recherches, mais simplement sur la base de notre expérience tirée de la vie quotidienne, que notre humeur peut laisser sa trace sur notre maintien. Bien disposées, nous marchons droit (au propre comme au figuré !) vers notre but.

La morosité ou l'anxiété nous envahissent : la tête est basse. Le maintien perd tout ressort. La fatigue, l'absence d'initiative ou de but le rendent atone. Notre posture et nos mouvements ont valeur de langage. La plupart du temps, l'être humain réagit inconsciemment à ces signaux provenant de notre maintien. Stress, angoisse et nervosité provoquent un accroissement involontaire de la tension musculaire. L'angoisse donne lieu à une augmentation mécanique de pression et par conséquent de nouveau, à une surcharge des tissus.

La personne éveillée, extravertie, habite " son espace ". Elle est en mouvement, aussi, entraîne-t-elle ses tissus. Le résigné, en revanche, a un air abattu, réfugié dans l'immobilité.

Des recherches récentes ont prouvé qu'il y avait une liaison nerveuse entre les aires du cerveau, où se déploient les processus psychiques, et les cellules qui commandent les muscles dans la moelle épinière.

Techniques de relaxation et gestion du stress peuvent aider à résoudre les conflits.

 Souvent, de simples discussions engagées par les personnes concernées entraînent la disparition de douleurs dorsales. Une bonne atmosphère dans le milieu professionnel (l'ameublement, les pauses en font partie) contribue à réduire les tensions.

Transparence dans la répartition du travail, clarté dans l'établissement des champs de compétences et dans les critères d'avancement, ce sont là autant de facteurs qui contribuent à réduire l'éventuel climat d'insécurité régnant au sein d'une entreprise.

Malheureusement, nous n'apprenons pas encore assez, à l'école et pendant la formation professionnelle, à communiquer avec tout la clarté souhaitée et à faire part de nos préoccupations en temps opportun.


Source : http://www.vistawellness.ch/new/francais/didactiques/didanatomie.htm

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Lundi 9 janvier 2006

article 6 : Les hernies discales du sportif

(suite article 5)

L'existence de hernies discales directement liées à une activité sportive reste controversée.

Deux mécanismes sont habituellement rapportés dans la genèse des hernies discales lors de l'activité sportive.

Comme nous l'avons vu dans le chapitre biomécanique, la torsion semble délétère dans la mesure où le rachis y est soumis de manière répétitive, jusqu'à constitution de la dégénérescence annulaire qui fera alors le nid de la future hernie. La flexion-compression axiale, d'autant qu'elle est associée à une composante d'inclinaison latérale, serait à l'origine de hernies discales de constitution brutale. Certains avancent l'hypothèse que les deux mécanismes cités ci-dessus puissent entrer enjeu dans certains sports, les contraintes de torsions préparant progressivement le disque à"l'accident" en flexion-compression axiale, l'extrusion de matériel nucléaire étant alors facilitée par la détérioration annulaire postérieure.

La fréquence réelle des hernies discales attribuables à la pratique sportive est d'estimation difficile.

Peu d'études épidémiologiques ont été réalisées à la recherche d'un lien entre hernie discale et sport. Pour certains, la hernie discale est plus rare chez le sportif que chez le sédentaire, grâce à l'efficacité de la musculature paravertébrale et abdominale.

Une étude réalisée par Mundt et Coll n'a pas permis d'établir un risque accru de hernie discale chez le sportif, qui serait, au contraire, quelque peu protégé. Seule la pratique du bowling ferait exception, avec un risque relatif de 1,27 .

D'autres études ont permis d'innocenter non seulement le sport, mais également les contraintes physiques des travailleurs de force [24]. Dans une étude en résonance magnétique, le rachis de 45 joueurs de volley-ball a été examiné . Une pathologie discale protrusive a été mise en évidence dans 33 % des cas. Des corrélations ont pu être établies avec le type d'entraînement, davantage qu'avec l'âge des joueurs et le nombre d'années de jeu.

Du point de vue clinique et thérapeutique, la loinbosciatique par hernie discale du sportif ne se distingue pas de celle observée dans la population générale


Pathologie de l'isthme vertébral chez le sportif

Les lésions de la région de l'isthme, lyse isthmique ou spondylolisthésis, sont communes chez le sportif.

Des facteurs à la fois génétique et environnementaux contribuent à la lyse isthmique. Les hommes sont trois fois plus touchés que les femmes et la population d'origine caucasienne deux fois plus que les afro-américains . Cependant, les facteurs environnementaux sont également importants puisque les lyses isthmiques ne sont pas présentes à la naissance  et que 90% des lésions siègent à l'étage L5-S1 .

L'application de charges répétées en L5-S1 peut provoquer une rupture des isthmes alors même que l'intensité de la charge appliquée n'atteint pas les capacités de résistance de l'os .

Ainsi, les sports impliquant des mouvements répétés en hyperextension du rachis lombaire sont associés à une fréquence augmentée des spondylolyses. Il s'agit notamment de la gymnastique où la spondylolyse est 4 fois plus importante que dans la population générale , du football, de l'haltérophilie, de la danse et du plongeon .

La lyse isthmique et/ou le spondylolisthésis sont mis en évidence sur des radiographies standard. Ces radiographies permettent d'apprécier la progression du spondylolisthésis  lorsqu'il existe, sur des clichés de profil. Les incidences de profil en flexion et en extension sont également utiles pour juger de l'instabilité.

La prise en charge des lésions de l'isthme chez le sportif reste controversée. De nombreuses méthodes allant du repos et de la diminution d'activité jusqu'à l'arthrodèse ont été proposées.

Micheli propose le port d'un corset rigide en polypropylène, inimobilisant le patient en position neutre et porté en permanence pendant 6 mois [3]. Cet auteur rapporte une fréquence de 85 % de patients sans symptôme après ce protocole. Les activités sportives sont permises lorsqu'elles sont tolérées avec le corset après une phase initiale de 3 à 4 semaines. Le port du corset pour des périodes plus courtes allant de 6 semaines à 3 mois a également été proposé .

Pour certains, la tomoscintigraphie serait une aide précieuse afin de déterminer le moment de la reprise de l'activité sportive: l'hyperfixation localisée traduirait une lésion encore active rendant plus aléatoire la reprise des activités .

Chez le sportif, comme dans la population générale, la présence d'une spondylolyse, souvent asymptomatique, ne doit pas empêcher de rechercher les autres étiologies de lombalgies et ce d'autant plus que les symptômes persistent après 2 ou 3 mois

Chez le très jeune athlète avant la fin de la croissance, il semble nécessaire de contrôler le glissement tous les six mois par des clichés comparatifs. En effet à cet âge, le glissement est quasi constant et peut être asymptomatique .

Chez l'athlète adulte, lorsque le glissement est inférieur ou égal à 25 %, on considère généralement qu'en l'absence de symptôme, une reprise des activités sportives est possible même s'il s'agit d'un sport à haut risque [40]. Lorsque le glissement dépasse 50%, on considère généralement que les sports à haut risque ne doivent pas être repris .

Lorsque la symptomatologie douloureuse persiste ou lorsque des signes neurologiques apparaissent malgré le traitement médical, un traitement chirurgical doit être envisagé.

Certains auteurs pensent même que lorsque le glissement est supérieur à 5 0 % ou plus sur un rachis "immature ", une stabilisation chirurgicale doit être envisagée même chez les patients asymptomatiques [37, 41, 42]. Cette opinion reste très débattue.


Fractures du rachis lombaire,

fracture isolée des apophyses transverses et épineuses chez le sportif

Les lésions rachidiennes traumatiques survenant lors d'accidents de la route ou de chutes de lieux élevés (parachutisme, équitation) peuvent être associées à des lésions multiples qui peuvent passer au premier plan et retarder le diagnostic du traumatisme du rachis.

Dans d'autres cas, la lésion rachidienne est isolée et la pratique de certains sports attire immédiatement l'attention (plongeon en eau peu profonde, ski, motocyclette).

Fractures du rachis lombaire

La question la plus importante à laquelle se trouve confronté le thérapeute est celle de la stabilité. Le degré d'instabilité résulte directement de l'étendue des lésions.

On distingue habituellement des lésions stables, des lésions instables à déplacement progressif et des lésions instables avec risque de déplacement soudain et incontrôlable. Les lésions osseuses pures sont généralement stables, les lésions ligamentaires pures ont un risque de déplacement secondaire lent et progressif, les lésions associées osseuses et ligamentaires telles que les fractures comminutives avec lésions ligamentaires ont un risque de déplacement secondaire soudain et incontrôlable [43].

Les fractures de la charnière dorso-lombaire ont la particularité de se situer au niveau d'un changement de courbure à la jonction d'un rachis dorsal rigide en cyphose et d'un rachis lombaire beaucoup plus mobile avec une courbure en lordose.

Deux problèmes principaux se posent pour ce type de fracture:

      • le premier est d'ordre mécanique: en effet à la jonction dorso-lombaire, la tolérance des déformations est médiocre avec risque de souffrance des étages sous-jacents;
      • le deuxième problème est d'ordre neurologique: à ce niveau le canal rachidien contient le cône médullaire terminal dont la lésion est variable selon le traumatisme et la position du tronc en flexion et en extension.

Les fractures de L1 semblent plus fréquentes que les fractures de D12 et dans environ 40 % des cas le trait de fracture est horizontal [43].

Les fractures de L3, L4, L5 sont particulières par leur relative rareté et leur bon pronostic. Le mécanisme principal de survenue est la compression axiale verticale. Lorsqu'il existe des fragments postérieurs intracanalaires, une intervention chirurgicale avec fixation devient alors logique.

Fractures des apophyses transverses

Elles sont observées le plus souvent à l'étage lombaire; elles résultent de deux mécanismes lésionnels principaux: soit un mécanisme par choc direct (rugby, ski, football); soit d'un mécanisme indirect impliquant une inclinaison latérale passive brutale ou une violente contre?inclinaison active notamment au judo.

La palpation des masses paravertébrales retrouve une zone douloureuse, la radiographie confirme généralement facilement le diagnostic.

Au cours de l'évolution, une irradiation douloureuse dans le membre inférieur peut apparaitre notamment lors de la phase de consolidation osseuse faisant parfois évoquer la possibilité d'un conflit tronculaire. L'immobilisation et l'absence d'activité sportive pendant 45 jours permettent dans la grande majorité des cas la disparition de la symptomatologie.

Fracture isolée des apophyses épineuses

La découverte d'une fracture d'une apophyse épineuse impose avant tout d'affirmer son caractère isolé. Trois types de mécanismes traumatiques sont à l'origine de ces fractures.

L'hyperextension appuyée du rachis provoquant un contact direct et violent entre deux épineuses au cours d'un mouvement d'hyperlordose; l'hyperflexion forcée du rachis entraînant une mise en tension brutale des ligaments sus et interépineux pouvant aller jusqu'à la déchirure ligamentaire ou à la fracture avulsion de l'apophyse épineuse, un choc direct appliqué latéralement sur une épineuse pouvant provoquer une fracture isolée de celle-ci [44].

Une tuméfaction visible et palpable, témoin de l'hématome périfracturaire sous-jacent, peut etre observée et oriente vers le diagnostic. Les radiographies de face recherchent un défaut d'alignement des épineuses, les radiographies de profil permettent d'objectiver le trait de fracture; elles sont surtout utiles pour éliminer une association lésionnelle grave.

Comme pour les fractures des apophyses transverses, l'immobilisation et l'absence d'activités sportives pendant 45 jours permettent dans l'immense majorité des cas la disparition de la symptomatologie.


Lésions diverses

des articulaires postérieures

En pathologie sportive, nombreuses sont les circonstances où les articulaires postérieures sont soumises à des traumatismes et des contraintes excessives.

La souplesse du rachis et parfois l'hyperlaxité exigée par certains sports comme la gymnastique et la danse peuvent entraîner à la longue des lésions chondrales des articulaires postérieures par contacts répétés des facettes articulaires lors des mouvements extrêmes.

Dans les sports de lancer comme le javelot et le poids, le geste technique fait passer brutalement le rachis dans les amplitudes diagonales extrêmes d'extension, inclinaison, rotation à flexion et inclinaison rotation opposée. Au cours de ce geste, les articulaires postérieures sont sollicitées rapidement en compression et en étirement maximum.

Dans les sports de smash (volley, tennis) le rachis est sollicité en force avec une composante d'hyperextension puis de flexion inclinaison rotation rapides. Le côté brutal et soudain de ce geste augmente le risque de lésion articulaire aiguë.

D'un point de vue symptomatique, il peut s'agir d'une douleur aiguë survenant brutalement lors d'un " faux "mouvement ou au décours d'une chute ou d'un choc. Parfois la symptomatologie s'installe progressivement après un effort prolongé.

Dans les formes aiguës, l'examen segmentaire du rachis met en évidence un point douloureux précis et des amplitudes articulaires limitées. Une petite ecchymose des plans cutanés postérieurs peut correspondre à une contusion directe ou à une lésion ligamento-musculaire par étirement. La palpation et la pression des massifs articulaires postérieurs, la mobilisation passive en rotation par pression latérale sur les épineuses déterminent le ou les niveaux de souffrance.

Une douleur aiguë localisée apparaissant dès la mise en charge est évocatrice d'une lésion articulaire postérieure. Dans ces lésions aiguës, c'est le scanner ou l'IRM qui permettront de mettre en évidence des arrachements ostéo-périostés, des hématomes, des épanchements intra-articulaires.

Dans les formes subaiguës ou chroniques, la responsabilité de l'articulaire postérieure est beaucoup plus difficile à établir car il existe souvent des lésions associées du disque intervertébral ou des lésions musculo-ligamentaires. Dans ces formes, les douleurs s'installent progressivement et sont plus diffuses.

Il faut rechercher une modification du geste sportif ou du matériel, la notion d'un surentraînement. Les signes d'examen clinique sont peu spécifiques. Toutefois, la notion d'une douleur asymétrique associée à une contracture paravertébrale et une douleur à la pression des massifs articulaires postérieurs peuvent orienter le diagnostic.

Le traitement associe des gestes locaux tels que l'injection intra-articulaire sous scopie, le port d'un lornbostat en résine et des antalgiques par voie générale. Ces mesures seront associées à la correction du geste technique, à l'adaptation du matériel sportif.

La préparation physique insistera sur le renforcement et les étirements symétriques des muscles longs du rachis

Dystrophie rachidienne de croissance et sport

La physiopathologie de la dystrophie rachidienne de croissance n'est pas clairement déterminée mais des enquêtes familiales suggèrent l'existence d'un facteur génétique. 12expression de la maladie et surtout la gravité des lésions observées paraissent en revanche liées à l'existence de contraintes mécaniques excessives.

Dans une étude récente, des lésions prémarginales des plateaux vertébraux ont été mises en évidence de façon significativement plus fréquente chez les jeunes gymnastes féminines et dans les sports de lutte que dans d'autres sports [46]. Dans tous les cas ces lésions sont plus fréquentes que chez les sujets non sportifs.

Dans une observation privilégiée, Van Linthoudt et Revel rapportent l'observation de deux jumelles ayant des lésions focalisées de dystrophie de Scheuermann à un seul niveau vertébral [47]. La soeur ayant pratiqué la gymnastique de manière intensive a une lésion radiologique plus étendue et une symptomatologie douloureuse lombaire. Cette observation souligne le rôle des contraintes mécaniques dans la sévérité de la maladie et sa symptomatologie.

Plusieurs études font état d'une fréquence accrue de dystrophie rachidienne de croissance radiologique chez les judokas. Une étude rapporte 74 % de lésions contre 20 à 30% dans la population générale [48].

Enfin le rôle de contraintes mécaniques répétées sur des plateaux vertébraux en période de croissance a été étudié chez des rats de 6 semaines soumis à une mobilisation passive des premières vertèbres caudales de façon intensive et répétitive pendant 2 mois [49]. Les résultats de ce travail expérimental montrent que ces contraintes sont capables d'induire des lésions proches de celles observées dans la dystrophie rachidienne de croissance.

Il semble donc que si la maladie de Scheuermann est en partie génétiquement déterminée, l'intensité de l'activité physique avant la fin de la croissance détermine quant àelle la gravité des lésions observées et peut?être l'intensité de la symptomatologie douloureuse.


Muscles et Lombalgies

chez le sportif

Plusieurs cas de syndromes de loge des muscles spinaux ont été rapportés

La symptomatologie clinique est assez stéréotypée avec des douleurs latéralisées paravertébrales apparaissant à l'effort, calmées par le repos. Dans une observation privilégiée la fasciotomie des spinaux a normalisé la pression intramusculaire et la douleur à l'exercice. Ces syndromes, bien que vraisemblablement très rares, ne doivent pas être méconnus car cette méconnaissance peut conduire à des traitements agressifs du disque intervertébral ou des articulaires postérieures.

Des arrachements musculo-aponévrotiques des muscles spinaux ont été décrits lors d'efforts de traction, les spinaux étant en course externe, chez des travailleurs de force . Ces lésions doivent survenir également chez les sportifs notamment en haltérophilie et chez les culturistes.

Pour certains, le déséquilibre entre force musculaire et/ou rétraction des quadriceps et des ischio-jambiers pourrait être responsable de lombalgies chez le sportif .

La courbure lombaire peut en effet être contrôlée par des mouvements d'anté- et de rétroversion du bassin: lors d'une flexion du tronc une antéversion proportionnelle du bassin est associée automatiquement, lors de l'extension du tronc l'inverse se produit.

L'antéversion du bassin peut être entravée par une rétraction des muscles ischio-Jambiers ou fessiers et la rétroversion par la rétraction des muscles droits antérieurs ou iliopsoas. Ces rétractions ont un effet d'autant plus défavorable que le sport pratiqué sollicite le rachis lombaire.

La force de ces deux groupes musculaires doit être en harmonie afin que le contrôle de l'antéversion et de la rétroversion du bassin et par là la courbure lombaire puissent se faire normalement.

On a rapporté dans un groupe de rameurs d'élite, une perte en jours d'entraînement nettement plus élevée en raison de douleurs lombaires chez ceux dont les rapports de force ischio-jambiers/quadriceps étaient inférieurs à 0,5

Le syndrome myofascial est un syndrome douloureux qui provient d'un muscle et en particulier de façon très caractéristique d'un point gâchette .

L'origine du point gâchette serait attribuable à une activité physique mettant en tension de façon spécifique un muscle soit par étirement brusque soit par une situation de surmenage par contractions répétées excessives ou par maintien du muscle en position raccourcie prolongée. La pression du point gâchette provoque une douleur sourde et profonde ainsi qu'une irradiation propre à chaque muscle atteint.

Des critères de diagnostic ont été proposés pour ce syndrome,

Les 5 critères majeurs associent:

      • une douleur régionale;
      • une sensibilité altérée dans le territoire de la douleur référée du point gâchette;
      • la présence d'une bande tendue palpable dans le muscle;
      • un point de douleur exquise le long de la bande tendue;
      • un certain degré de limitation de l'amplitude articulaire.

Il existe également trois critères mineurs :

      • la reproduiction de la douleur connue du patient par la pression directe du point douloureux;
      • la provocation d'une réponse locale par la palpation transverse du point douloureux ou lors de l'insertion d'une aiguille dans le point gâchette;
      • le soulagement de la douleur par l'étirement du muscle ou par l'injection, avec un produit anesthésique, du point gâchette.

Plusieurs syndromes myofasciaux ont été décrits notamment celui du carré des lombes, de l'iliocostal et du petit fessier. La prise en charge thérapeutique de ces syndromes myofasciaux associe le repos sportif, l'étirement des muscles impliqués et l'injection des points sonnettes par un anesthésique local.



 Prévention et reprise du sport

La fréquence de la pathologie lombaire chez le sportif devrait être considérablement réduite par le respect de règles de prévention essentielles.

L'apprentissage gestuel précoce et le respect de règles techniques de base sont les garants d'une protection efficace du rachis [57].

Le respect des règles de dosage et de progression des exercices, l'adaptation du contenu de l'entraînement au morphotype de l'athlète et à son âge, la régularité de la pratique, un suivi médical de qualité nécessitant une collaboration étroite entre le sportif, l'entraîneur, le kinésithérapente et le médecin sont les garants d'une hygiène et d'un équilibre rachidiens lombaires souvent précaires chez l'athlète.

L'entrainement doit être progressif avec échauffement prolongé en insistant sur la tonification abdominale en raccourcissement, sur le stretching des muscles ischio-jambiers, des adducteurs, des pelvitrochantériens.

Une évaluation régulière de la condition physique (en isocinétique ou non) est indispensable chez l'athlète de haut niveau.

Le retour à l'activité sportive après une lombalgie est toujours un problème difficile.

La date de la reprise est nécessairement individualisée en fonction de l'âge, de la condition physique, du sport pratiqué, du type de traitement proposé.

Lorsque le mécanisme suspecté dans la genèse des douleurs est une fissure annulaire, une lésion capsulo-ligamentaire, il parait raisonnable de proposer une période d'inactivité allant de 4 à 6 semaines afin de permettre une cicatrisation des lésions tissulaires. La reprise doit être progressive et précédée d'un réentramement destiné à redonner au sportif une force musculaire et une mobilité convenables.

Les risques de récidive doivent être bien compris par un sportif préparé à les accepter. En fonction des lésions et du traitement, une adaptation du geste sportif doit être discutée avec l'entraîneur.

Quel que soit l'âge de l'athlète, quelle que soit l'étiologie, tout rachis douloureux aigu impose l'arrêt des activités physiques pendant le délai de cicatrisation. En revanche en cas de douleurs chroniques, après avoir éliminé une étiologie " curable ", les limitations de l'activité physique seront fonction de la tolérance de l'athlète à ses douleurs.

Conclusion_______________________

Les lésions observées et la symptomatologie décrite en pathologie lombaire chez le sportif ne se distinguent pas de la population générale. Le sport de loisir est vraisemblablement un élément de bien-être ne générant pas une recrudescence des phénomènes douloureux lombaires.

En revanche, le sport de compétition et ce d'autant qu'il a été débuté jeune et sur un rachis fragilisé, semble capable d'induire ou d'aggraver des lésions anatomiques (spondylolyse, accentuation des lésions de la plaque cartilagineuse au cours des dystrophies rachidiennes de croissance).

L'intensité de l'entrainement sportif pourrait être responsable d'une recrudescence des phénomènes douloureux que ce soit en fréquence ou en intensité.

La prévention des accidents sportifs passe par un échauffement long et rigoureux, un travail en étirement des muscles à l'étage sous-pelvien et un renforcement des muscles extenseurs et fléchisseurs du rachis. La reprise de l'activité sportive après une période de douleurs lombaires doit tenir compte du délai de cicatrisation des tissus lésés. Ce délai est le plus souvent de 4 à 6 semaines. Il peut être plus long lorsqu'une intervention a été réalisée notamment pour cure de hernie discale.

La notion selon laquelle il y aurait pour le rachis lombaire de bons et de mauvais sports est vraisemblablement erronée tout du moins en ce qui concerne le sport de loisir. La diminution, voire l'arrêt des activités physiques, s'ils se conçoivent en période douloureuse aiguë, n'ont plus de sens lorsque les douleurs deviennent chroniques. Dans ces conditions la reprise des activités sportives est essentiellement dépendante des motivations du patient et de sa tolérance à la douleur.

source : http://www.med.univ-rennes1.fr/section_rachis/sport01.htm

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Lundi 9 janvier 2006

article 5/ Fréquence des lombalgies du sportif


Les sports les plus fréquemment cités comme étant associés aux lombalgies sont la gymnastique. le football, l'haltérophilie, la lutte, la danse, l'aviron et le golf


Les gymnastes et les golfeurs semblent particulièrement exposés puisque 50 à 85 % des athlètes rapportent des épisodes de lombalgies. Cependant, dans une étude prospective d'un an menée chez des golfeurs débutants, l'incidence de premiers épisodes de lombalgies n'est que de 8%.

Les jeunes joueurs de football seraient également exposés puisque 6 % d'entre eux dans le primaire et 30% dans le secondaire souffrent de lombalgies.

Les joueurs de tennis sont plus touchés que la population générale: une fréquence de 50 % de lombalgies a été rapportée contre 30 % dans une population témoin appariée . 38 % des joueurs en activité sont un jour dans l'obligation d'annuler au moins un tournoi dans leur carrière en raison de lornbalgies


Dans les sports de glace, la lombalgie constitue le motif le plus fréquent de consultation (72,4 %)


Enfin, les traumatismes lombaires représentent la 4e cause de blessure chez les danseurs, entraînant un arrêt de l'activité sportive allan* de quelques semaines à une saison entière


L'ensemble de ces études souligne la fréquence des traumatismes lombaires et des lombalgies chez les sportifs de haut niveau.


Il n'en va pas de même chez les sportifs " de loisirs " puisque les études comparant la fréquence des lombalgies, l'âge d'apparition de ces dernières et la fréquence des récidives des phénomènes douloureux en fonction de la participation à des activités sportives régulières, quel que soit l'âge, n'a montré aucune différence significative entre un groupe ayant une activité sportive régulière de loisir et un groupe témoin


Dans une étude réalisée chez des adolescents de 15 ans, un effet bénéfique de l'activité sportive de loisir a même été mis en évidence en ce qui concerne la fréquence des lombalgies [16]. En revanche, la durée et l'intensité des entraînements durant les 12 derniers mois étaient plus importantes chez des athlètes souffrant de lombalgies que chez des athlètes indemnes de cette pathologie . Ces résultats suggèrent un possible effet nocif de l'entraînement sportif avec l'augmentation de l'intensité de ce dernier.


Il existe peu d'études s'intéressant à l'incidence des lombalgies chez les athlètes ayant cessé le sport de compétition.


Dans un travail comparant la fréquence des lombalgies chez d'anciens lutteurs, d'anciens haltérophiles et un groupe contrôle apparié pour l'âge, la prévalence des lombalgies était supérieure chez les lutteurs comparés aux haltérophiles et au groupe contrôle . Dans cette étude, les auteurs rapportent une meilleure tolérance de la symptomatologie douloureuse chez les athlètes que dans le groupe contrôle.


Il nous parait important de conclure ce chapitre en soulignant la grande hétérogénéité des études en ce qui concerne les populations étudiées et les activités sportives analysées. Il est donc très difficile d'affirmer qu'un sport est plus "pourvoyeur" de lombalgies qu'un autre et il est impossible de se faire une idée précise sur l'intensité de l'entraînement à partir de laquelle la fréquence des lombalgies augmente.


 

 Sport et biomécanique rachidienne

Le rachis et la musculature qui l'entoure ont une structure biologique et mécanique complexe. Le rachis peut se comporter soit comme générateur actif, soit comme conducteur passif de forces appliquées au reste du squelette. Au cours de l'exercice physique, le rachis est sujet à des charges rapides et répétitives. Il peut en résulter des lésions chroniques ou aiguës même chez les athlètes entraînés.


En effet, l'une des propriétés biomécaniques importante du rachis est la viscoélasticité. Cette propriété permet une déformation continue des tissus lorsque la force appliquée est lentement progressive. L'effet pratique qui s'ensuit est que le système peut absorber plus d'énergie si le temps lui en est donné. Cette situation est malheureusement rarement rencontrée en pratique sportive.


Les études biomécaniques portant sur le rachis se sont essentiellement intéressées aux corps vertébraux, au disque intervertébral et à un moindre degré aux articulations interapophysaires postérieures. Schématiquement, on peut considérer que le rachis est fait de deux types de tissus différents: l'os et les tissus mous. Les propriétés biomécaniques de ces tissus diffèrent totalement, les capacités de résistance de l'os étant plus importantes en compression qu'en tension, alors que c'est le contraire pour les tissus mous


L'anatomie, la physiologie et les propriétés mécaniques du disque intervertébral sont extrêmement complexes. L'annulus fibrosus est constitué essentiellement de fibres de collagène de type 1 orientées à 30° par rapport à un axe horizontal et à 120° des fibres adjacentes. Les fibres de la partie interne de l'annulus sont attachées à la plaque cartilagineuse alors que les fibres de la partie externe sont fixées au tissu osseux du corps vertébral. Les fibres de collagène sont capables de résister uniquement à la tension.


En rotation, les fibres prennent une direction horizontale, augmentant ainsi leur capacité à résister àcette tension. L'annulus fibrosus est donc le véritable ligament intercorporéal qui s'oppose aux contraintes principales imposées à l'espace intervertébral. Le nucléus pulposus est constitué d'une matrice contenant des glycosaminoglycanes, du collagène de type Il et de l'eau, l'ensemble agissant instantanément comme un gel incompressible.


Au cours d'une compression, la partie interne des fibres de l'annulus et du nucléus transmettent les forces de vertèbres à vertèbres. Ce phénomène entraîne une déflexion compressive des plateaux vertébraux adjacents, un bombement du disque et le développement de forces de traction dans Pannulus. Malgré cela, il a été montré que les forces purement compressives n'étaient pas capables d'induire de hernie discale mais qu'elles entraînaient plutôt des fractures des plateaux vertébraux


Une situation expérimentale capable d'induire une hernie discale traumatique sur un disque non préalablement lésé, est la survenue rapide d'une force compressive de grande intensité lorsque le rachis est en flexion et en inflexion latérale.

Plusieurs travaux suggèrent en effet que les fissures plus ou moins étendues caractérisant la dégénérescence discale, ne sont pas dues à l'hyperpression intradiscale mais aux mouvements extrêmes principalement de rotation et plus accessoirement de flexion 


Les contraintes imposées lors des torsions loinbaires sont principalement localisées dans la partie postérieure et latérale du disque intervertébral et entraînent les premières fissures qui peuvent être assimilées à des entorses bénignes. Leur extension et leur multiplication finissent par donner l'aspect de disques dégénérés, multifissurés. L'extension de la rupture aux couches les plus périphériques déterminent l'équivalent d'une entorse grave intercorporéale, plus responsable des lombalgies discales aiguës et chroniques par la lésion elle-même et le tissu cicatriciel qu'elle entraîne, que par une éventuelle effraction de matériel nucléaire. On comprend alors mieux qu'il est illusoire de prétendre améliorer des lombalgies d'origine discogénique en proposant une ablation du tissu discal faisant saillie dans le canal rachidien ou en proposant une discectomie par une technique percutanée, ces gestes ayant pour conséquence une aggravation des lésions de l'annulus.


Les capacités de rigidité rotatoire et de résistance à la torsion du rachis sont significativement diminuées par la destruction de la partie antérieure de l'armulus. L'annulus fibrosus et les articulations interapophysaires postérieures semblent participer pour chacun à environ 35 % des capacités du segment rachidien lombaire à résister à la rotation


Le rôle biomécanique des articulations interapophysaires postérieures est moins bien connu que celui du disque intervertébral. Ces structures anatomiques semblent plus jouer un rôle de pivot qu'un rôle dans la diminution des mouvements de rotation. La destruction expérimentale d'une articulation interapophysaire postérieure entraîne une translation de l'axe de rotation vers l'avant et vers l'articulaire postérieure intacte. La destruction des deux articulaires postérieures entraîne une translation de l'axe de rotation vers la partie antérieure du disque intervertébral. Ces lésions réduisent donc indirectement la stabilité rachidienne en diminuant la capacité du disque intervertébral à résister à la rotation.


Dans un travail comparant le vieillissement du disque et des articulations interapophysaires postérieures, Maroudas et coll. ont observé une faible proportion de disques dégénérés chez l'enfant et l'adulte jeune augmentant avec l'âge, alors qu'en revanche les lésions cartilagineuses des articulaires postérieures sont fréquentes chez les jeunes adultes et ne semblent pas augmenter en fréquence avec l'âge.


Contrairement au disque, on ne trouve pas dans le cartilage des articulaires postérieures une perte de protéoglycanes. En revanche, on observe chez l'adulte jeune une hyperhydratation du tissu, plus fréquente que dans le cartilage des autres articulations étudiées.


Cette hyperhydratation accompagne habituellement les lésions du collagène et la dégénérescence du cartilage. Le cartilage de l'articulaire supérieure semble plus mince et plus hydraté que celui de l'articulaire inférieure, ce qui indique que la dégénérescence cartilagineuse apparaît plus fréquemment à l'articulaire supérieure. Les derniers étages mobiles, c'est-à-dire les régions où les contraintes sont maximum, semblent plus fréquemment touchés. Les mêmes auteurs observent qu'il existe une corrélation entre la dégénérescence des articulaires postérieures et la dégénérescence du disque intervertébral.


Cette étude suggère que même en l'absence de lésions radiologiques d'arthrose, les articulations interapophysaires postérieures sont fréquemment le siège de chondropathie, et on peut concevoir qu'elles sont responsables de certaines lombalgies du sujet jeune en réponse à des contraintes mécaniques excessives, en particulier dans les activités sportives comportant de nombreuses hyperextensions et rotations lombaires.


Il apparaît donc que d'un point de vue strictement biomécanique, les sports impliquant des mouvements de flexion associés à des rotations axiales et des charges importantes rapidement répétitives comme les sports de raquettes, le football, le rugby et le ski, semblent particulièrement exposés aux fissures annulaires et aux arthropathies articulaires postérieures.


Il faut toutefois préciser que la plupart des études portant sur la biomécanique du rachis lombaire ont été réalisées sur des pièces anatomiques ne comportant que les structures osseuses, discales, articulaires et parfois ligamentaires. In vivo, le rachis est une structure beaucoup plus complexe et le rôle des muscles et des ligaments dans la biomécanique rachidienne est très mal connu.


source:

http://www.med.univ-rennes1.fr/section_rachis/sport01.htm  Article reproduit avec l'aimable autorisation des auteurs, du Comité de Rédaction de la Revue du Rhumatisme Édition française et de G. Zosimo-Landolfo

Suite....lire l'article 6====>>>>>>>>>>

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Dimanche 8 janvier 2006

 Article 4 / Des chercheurs découvrent une protéine responsable de la douleur chronique

Québec, le 14 décembre 2005.

– Une équipe de chercheurs de la Faculté de médecine de l’Université Laval et du Hospital for Sick Children de Toronto a identifié une protéine qui joue un rôle majeur dans le développement des douleurs neuropathiques. Leur découverte, publiée dans l'édition du 15 décembre de la revue Nature, ouvre la voie à de nouveaux traitements de la douleur chronique.

Les douleurs neuropathiques affectent des millions de personnes à travers le monde. Elles sont généralement causées par une lésion du système nerveux, le plus souvent un nerf, qui survient à la suite d'une blessure ou d'une maladie comme le diabète, le zona ou un cancer. Dans les cas extrêmes, les patients peuvent à peine supporter d’être effleuré.

L’étude, dirigée par le Dr Yves De Koninck, du Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard, et le Dr Michael Salter, du Hospital for Sick Children de Toronto, démontre qu’une hausse de la concentration d’une protéine appelée BDNF (pour Brain Derived Neurotrophic Factor) entraîne l’hypersensibilité des neurones chez les souris. À l’inverse, le blocage de cette protéine prévient l’hyperexcitabilité des cellules cérébrales.

La protéine BDNF est produite par les neurones, mais également par les microglies – les cellules de défense du cerveau et de la moelle épinière. « La communication entre les neurones et les microglies semble passer par la BDNF », constate Yves De Koninck. En conditions normales, cette protéine joue un rôle positif dans le système nerveux. Elle intervient dans le développement des neurones ainsi que dans l'établissement de connexions entre ceux-ci.

Les douleurs neuropathiques seraient provoquées par un dérèglement de la communication chimique entre les microglies et les neurones, et cette communication passe par la BDNF, avance le professeur De Koninck : « Ceci nous offre une cible thérapeutique intéressante. Nous devons cependant trouver une façon de bloquer spécifiquement la BDNF produite par les microglies sans interférer avec les effets positifs de la BDNF sur les neurones. » Pour livrer ce produit bloquant, les docteurs De Koninck et Salter envisagent deux approches : soit une infiltration locale au niveau de la moelle épinière, soit le recours à des virus désactivés et programmés génétiquement pour atteindre les microglies.

Les autres membres de l’équipe de recherche sont Dominic Boudreau, Dominick Boivin et Claude Gravel, de l’Université Laval, Simon Beggs et Makoto Tsuda, du Hospital for Sick Children de Toronto, Jeffrey Coull, de l’Université McGill, et Kazuhide Inoue de l’Université de Kyushu (Japon).

Cette étude a reçu le soutien financier des Instituts de recherche en santé du Canada, de NeuroScience Canada, du Fonds de la recherche en santé du Québec, du programme des Chaires de recherche du Canada et de la Fondation SickKids.

Renseignements :

Yves De Koninck

Centre de recherche Université Laval Robert-Giffard

Tél. : (418) 663-5747

Yves.DeKoninck@crulrg.ulaval.ca

Source :
Jean-François Huppé

Relations avec les médias

Université Laval

Tél. : (418) 656-7785

Source internet :

http://www.scom.ulaval.ca/Communiques.de.presse/2005/decembre/proteinedouleur.html

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