article 7 : Anatomie du mouvement "On the Move"
Dr. med. Bruno Baviera, médecin-chef rheumatologue et directeur de l'Ecole de physiothérapie, Schinznach-Bad/Suisse
INTRODUCTION
La position assise qu'implique de plus en plus notre manière de vivre et de travailler nuit toujours davantage à nos systèmes postural et locomoteur. Les douleurs dorsales engendrées par cette situation sont effrayantes. Aux souffrances que doit endurer l'individu s'ajoutent, pour la société, des conséquences financières se chiffrant en milliards chaque année.
Notre corps est conçu pour le mouvement. Beaucoup de gens sont malades aujourd'hui par suite d'une sollicitation insuffisante ou excessive de leur corps. Il en résulte une manque généralisé d'entraînement qui provoque des douleurs et favorise l'absentéisme.
De nos jours, 80 % des êtres humains connaissent des problèmes de dos. Parmi les personnes de moins de 45 ans, un cas d'invalidité sur trois est dû à des douleurs dorsales. Des études scientifiques ont démontré qu'un changement de comportement pourrait épargner jusqu'à 70 % des coûts engendrés par les problèmes de dos. Ceux qui sont les mieux informés de la structure et de la fonction de leur système postural sollicitent leur dos avec davantage de ménagement
Le corps humain est conçu pour marcher et courir.
Le petit enfant accomplit de sa propre volonté une multitude de mouvements, libre qu'il est de toute entrave. Il entraîne son corps au gré de jeux continuels. Le jeune homme, en revanche, est freiné dans son besoin naturel de mouvement par ses parents stressés et un logement trop exigu. Au jardin d'enfants déjà, nous sommes assis pendant des heures et nous le sommes encore davantage plus tard à l'école.
Les méthodes modernes de production, surtout dans les nations industrialisées, ne laissent plus guère d'activités physiques à l'homme d'aujourd'hui. La majorité des personnes actives passent de longues heures de leurs journées de travail en position assise. Elles sont assises pour le repas de midi, assises au volant de leur voiture, encore assises, le soir, devant la télévision.
Comme beaucoup de ces activités en position assise ne peuvent être menées en marchant ou en restant debout, il vaut la peine de se pencher sur cet instrument dont on a si souvent besoin : la chaise. Une collaboration entre le médecin et le fabricant de meubles peut aboutir à la création d'un meilleur équipement, qu'il soit scolaire, de bureau ou pour l'habitat. Un siège ou un meuble judicieusement conçu donne au mouvement la liberté qui lui est nécessaire.
QU’EST-CE QUE L’ON ENTEND PAR POSTURE ?
Pourquoi devons-nous nous supporter nous-mêmes ?
Notre corps est soumis à la force d'attraction terrestre. Nous avons un poids. La posture est donc une question d'endurance.
De plus, notre système postural n'est pas sollicité seulement par le poids de notre corps. Nous portons encore d'autres poids: caisses, classeurs, sacs de ciment, etc. Les forces de notre musculature sollicitent aussi notre système locomoteur. De toutes ces forces résulte une charge que nous devons supporter, dans toute l'acception du terme. D'ailleurs, dans l'eau, la force d'attraction terrestre est compensée par la force ascensionnelle du liquide. Le bain, d'eau chaude surtout, est donc un allégement pour le système postural. La manière dont nous supportons le poids de notre corps détermine la charge imposée à nos tissus.
L'homme se tient debout. Il balance le poids de son corps sur une surface limitée.
Cette surface de soutien est restreinte en station debout sur un pied, un peu plus grande sur les deux pieds, plus grande encore en position assise. Plus nous agrandissons cette surface, plus notre posture est stable et moins la musculature est sollicitée.
En position idéale, toutes les parties du corps s'alignent dans l'axe vertical. Passant par le milieu de la tête, du cou, du thorax et de l'abdomen, cet axe constitue la ligne de charge. Lorsque toutes les parties du corps se trouvent sur cette ligne, la posture est équilibrée. Elle est économique, c'est-à-dire qu'elle requiert une moindre force musculaire et sollicite moins les tissus.
Mais comment en est-on arrivé là ?
L'enfant apprend à se mettre debout. Il obéit à des réactions qui le poussent à se tenir sur ses deux jambes et à marcher. Il imite ses parents. Notre posture n'est pas innée: Notre maintien résulte d'un apprentissage. Dès lors, nous pouvons le modifier et l'améliorer au cours de notre vie. Vue sous cet angle, le maintien commence dans la tête.
LA COLONNE : CONSTRUCTION ET FONCTION ?
Sur le plan physique, la colonne vertébrale occupe une position centrale. Elle est l'axe porteur de notre corps et commence en bas avec le sacrum. Voilà un os étrange ! Il est orienté de biais. Sa surface supérieure forme un angle d'environ 45° par rapport à l'horizontale. Notre posture prend donc appui sur une surface inclinée !
Cette base inclinée de la colonne vertébrale se justifie pour les quadrupèdes. Le sacrum, avec sa position de biais, constitue une butée idéale pour une construction en arc. Mais il n'en va pas de même chez l'homme ! La position des disques intervertébraux et vertèbres suivants interrompt abruptement cette harmonieuse disposition.
Le premier disque intervertébral placé au-dessus du sacrum est plus étroit vers l'arrière et a une forme de cale. La première vertèbre et le disque intervertébral suivants sont également plus étroits à l'arrière. Les trois seuls éléments suffisent à aplanir l'angle initial de 45° pour amener notre colonne dans sa position verticale. A cette surface horizontale du deuxième disque, fait suite une cambrure vers l'arrière, la lordose lombaire.
Dans la région du thorax, la colonne vertébrale s'incurve dans la direction opposée, soit vers l'avant : il s'agit de la cyphose de la colonne dorsale. Cette courbure favorise l'agrandissement de la cage thoracique. Les poumons qui y sont logés ont ainsi suffisamment d'espace pour assurer la fonction respiratoire
lordose cervicale, cyphose dorsale, lordose lombaire
Etant donné qu'en position idéale la tête doit se retrouver sur la ligne de charge, il importe, afin de compenser la cyphose de la colonne dorsale, qu'il y ait un balancement vers l'arrière dans la région de la nuque. C'est la lordose de la colonne cervicale. La somme de ces trois courbures donne à la colonne vertébrale l'apparence d'un double S.
Porter le poids de notre corps fait partie des tâches que nous devons accomplir dans notre vie, c'est même la 1ère. Mais tout arbre, tout poteau téléphonique fournit aussi cet effort ! Pour nous, la question ne s'arrête pas là, car en plus de servir à porter, notre colonne vertébrale doit être mobile. Porter et assurer la mobilité : voilà qui tient de la gageure ! Et effectivement, la nature - ou qui que ce soit - a opté pour le compromis.
Les vertèbres, éléments osseux, alternent avec les disques intervertébraux, fibrocartilages fermes et élastiques de nature gélatineuse.
Les disques assument la fonction porteuse et permettent des mouvements des corps vertébraux dans tous les plans. Cette astuce de la nature renvoie donc le problème aux disques intervertébraux. En somme, le rôle des vertèbres se limiterait surtout à nous faire gagner de la hauteur. Pourtant, de par leur structure, elles résolvent d'autres problèmes. Leur noyau, en forme de tonneau, a également une fonction porteuse. A l'arrière, rattaché à ce noyau, se trouve un anneau osseux qui abrite la moelle épinière, partie du système nerveux central qui sert aux divers processus de régulation.
Trois appendices osseux viennent s'appuyer sur l'anneau précité : les deux apophyses transverses sur les côtés et l'apophyse épineuse vers l'arrière. Elles servent de points de départ aux ligaments et à la musculature. Chacune des vertèbres est reliée aux autres par les disques intervertébraux et par les articulations intervertébrales. Celles-ci assurent à la colonne vertébrale une protection contre les frottements. Elles préviennent tout glissement malheureux de la vertèbre vers l'avant, surtout dans la région de la colonne vertébrale lombaire.
POURQUOI LES DISQUES INTERVERTEBRAUX SONT-ILS EN DANGER ?
La structure des disques intervertébraux n'est pas simple non plus. Bien qu'ils représentent seulement quelque 25 % de la hauteur totale de la colonne vertébrale, ils ne sont pas de moindre importance et se trouvent à l'origine de nombreuses douleurs.
Ils doivent leur capacité de résistance à un anneau fibreux dont la structure suggère les diverses couches de l'oignon.
Cet anneau est formé de fibres de tissu conjonctif épaisses et résistantes. A l'intérieur de cette gaine fibreuse se trouve un noyau gélatineux à forte teneur en eau. En cas de sollicitation, ce noyau est comprimé et l'anneau fibreux dilaté.
Lorsque le disque intervertébral se retrouve déchargé, l'anneau fibreux élastique repousse le noyau dans sa position initiale. Toutefois, ce mécanisme demande du temps. Les différentes parties des disques intervertébraux doivent garder leur mobilité. Surviennent des chocs soudains sur les disques, les éléments concernés ne peuvent pas les éviter et les forces sont retransmises sur les structures environnantes. C'est ainsi que peuvent apparaître des fissures sur l'anneau fibreux. Quand les parties du corps se trouvent disposées les unes sur les autres en position verticale, les forces sont reportées uniformément des vertèbres aux disques intervertébraux.
Chaque changement de posture implique un transfert de forces asymétrique et inégal sur les disques. Le noyau gélatineux réagit en se déplaçant du côté de la moindre sollicitation. Ces dé- placements du noyau peuvent également entraîner des douleurs, par exemple en distendant les ligaments. Une charge soudaine peut provoquer la rupture d'un anneau fibreux, avec hernie discale à la clé, si la masse gélatineuse qu'il contient s'échappe et glisse vers l'arrière dans l'espace occupé par la moelle épinière.
A QUOI SERVENT LES AUTRES STRUCTURES ?
La colonne vertébrale est principalement formée des vertèbres et des disques intervertébraux. Un canal, le canal rachidien, parcourt toute sa longueur à travers les anneaux osseux. Dans ce canal circule la moelle épinière avec ses terminaisons nerveuses, les racines nerveuses. Radix est le terme latin pour racine. Lorsque les racines nerveuses sont irritées par un processus quelconque, le médecin parle de syndromes radiculaires.
La moelle épinière est protégée par différentes couches de tissus, les téguments de la moelle épinière. Ceux-ci comportent eux-mêmes de nombreuses fibres nerveuses sensibles et peuvent être à l'origine de douleurs dorsales. Outre les disques intervertébraux, les articulations intervertébrales retiennent également les vertèbres et les incorporent dans leur mouvement. C'est pour cette raison que la colonne vertébrale n'est pas d'une mobilité égale dans tous les plans. D'épais ligaments enveloppent l'ensemble de la colonne vertébrale à la manière d'une gaine. Par ailleurs, des ligaments fortement tendus sont logés entre les apophyses. Ils confèrent une stabilité passive à la colonne vertébrale - sauf dans le cas des contorsionnistes et autres acrobates.
Entre les apophyses et au-dessus d'elles passent les différentes fibres musculaires longues. Elles servent au soutien actif, mais aussi au mouvement de la colonne vertébrale. Une vue latérale montre des ouvertures entre les anneaux osseux et les articulations intervertébrales. Ces canaux logent les nerfs qui relient la moelle épinière aux autres tissus. Ces nerfs sont parcourus de fibres qui activent la musculature et transmettent au cerveau les informations données par le corps.
L’ABDOMEN
Allons un peu plus au fond des choses, cela sera encore plus intéressant.
En effet, que soutient vraiment notre colonne vertébrale ?
Sans aucun doute la tête, les bras, la ceinture scapulaire et le thorax. Mais nous ne sommes pas constitués que de ces seuls éléments. La question qui se pose, c'est de savoir comment sont soutenus nos organes, internes en particulier. Notre cœur et nos poumons se meuvent presque librement dans notre thorax et il en va de même pour notre tube digestif, avec tous les organes qui y sont rattachés, dans l'abdomen.
Tous ces organes - les poumons exceptés - ont une forte teneur en eau. Pour notre sujet, nous pouvons les considérer comme des corps liquides - nous ne parlons pas des os, bien sûr. Une force ne peut pas comprimer des corps liquides, mais les déformer ou les déplacer. Il en va également ainsi de nos organes internes. Ils sont tous attirés vers le bas par la pesanteur. C'est le bassin, semblable à une large assiette, qui les retient. Le plancher pelvien est constitué de ligaments et de muscles fortement tendus. Comme il doit s'ouvrir lors de l'accouchement, il est menacé chez les femmes.
Si, après l'accouchement, une re-constitution correcte de la musculature du plancher pelvien n'est pas garantie, celui-ci peut ne plus être en mesure, par la suite, de porter suffisamment les organes. Conséquence possible d'une telle situation : des incontinences urinaires.
Puisque la pesanteur attire les organes de l'abdomen vers le bas et que le plancher pelvien les repousse vers le haut, ils se rabattent, s'agissant de corps liquides, sur tous les côtés. La pression qui en résulte est supportée à l'arrière par la colonne vertébrale, élément fort. A l'avant et de côté, les organes sont activement soutenus par la musculature abdominale située au-dessus du plancher pelvien. Une musculature abdominale atone ne peut pas assumer cette fonction. Les organes poussent la paroi abdominale vers l'avant. Le déplacement de poids qui se produit dans l'abdomen conduit à la formation d'une hyper lordose dans la région lombaire. Ainsi, la qualité de la musculature abdominale influence la forme et par conséquence, le degré de charge la colonne vertébrale.
SUPPORTER LES SOLLICITATIONS,
UN NUMERO D’EQUILIBRE ?
Notre posture est un numéro d'équilibre.
Un système ne peut être sollicité sans dommage que dans la mesure du supportable. En effet, plus notre système postural est entraîné, plus nous pouvons le solliciter. Sollicitation et résistance à la sollicitation doivent s'équilibrer.
Quand nos tissus sont surchargés, ils s'abîment, ce qui provoque des douleurs. Les douleurs dorsales sont l'indice d'un éventuel épuisement. Pourtant, nous trouvons une autre interprétation : il est possible - et c'est souvent le cas des patients qui souffrent du dos - que la sollicitation elle-même ne soit pas trop grande, mais que la résistance à cette sollicitation soit trop faible. Une sollicitation adaptée à un système entraîné est trop forte pour un système inexercé.
Des douleurs peuvent apparaître à la suite d'efforts soudains durant nos loisirs par exemple., et auxquels nous ne sommes pas habitués. Nos tissus ne sont pas préparés à ce que nous restions assis toute la semaine et que nous nous adonnions à une activité physique effrénée le dimanche. Lorsque surviennent des problèmes de dos, la question suivante se pose : comment réduire les effets d'une trop grande sollicitation ou comment entraîner le système pour l'adapter à cette sollicitation.
LA POSTURE : UNE QUESTION D’ENDURANCE ?
Nous devons supporter notre poids des heures durant. A l'arrière, la musculature du dos nous stabilise et nous dirige. Nos organes sont soutenus vers le bas par la musculature du plancher pelvien et à l'avant par la musculature abdominale.
Nous devons supporter notre poids des heures durant et cela d'une manière active par l'implication permanente des muscles précités. Le développement de la force musculaire sur une longue période s'appelle endurance de la musculature.
Un problème apparaît ici. Chaque muscle se fatigue quand il est longtemps sollicité. Lorsqu'il s'agit de la musculature du maintien, les conséquences sont fatales. Quand nous ne pouvons plus supporter activement notre poids et que nous ne voulons pas défaillir, quelque chose d'autre doit nous soutenir. Les ligaments prennent le relais. Toutefois, ceux-ci ne supportent pas les sollicitations prolongées. S'ils doivent fournir un effort mécanique important, ils peuvent être à l'origine de processus douloureux.
Une posture qui n'est pas active est dite atone. Une telle posture est mauvaise et entraîne une sollicitation inadéquate des éléments de la colonne vertébrale. Vous souvenez-vous ? Les disques intervertébraux, par exemple, sont sollicités inégalement.
Mais quelle sera l'efficacité de la musculature à long terme ? De même que sa force ou son ampleur, son endurance dépend de l'entraînement. Une posture active et correcte est donc le résultat d'un entraînement de longue durée.
Cet entraînement ne peut malheureusement pas se faire sur une chaise longue. Nous entraînons notre posture seulement en nous confrontant à l'influence de la pesanteur
POURQUOI S’ENTRAINER ?
Si nous nous penchons sur les éléments qui influencent la qualité et la quantité des structures de notre corps, nous découvrons des choses étonnantes.
Ce que nous sommes, comment nous sommes, ne relève pas seulement de l'héritage parental.
Si nombre de nos caractéristiques (le sexe par exemple) sont conditionnées génétiquement, notre existence dépend dans une large mesure de l'apport de substances. Une alimentation variée et une bonne respiration permettent la constitution des tissus. S'alimenter ne signifie pas seulement absorber des substances nutritives, mais également des fournisseurs d'énergie. Sur le plan énergétique, l'effort postural n'est donc pas un acte gratuit. La génétique et l'alimentation à elles seules ne suffisent toutefois pas à assurer la qualité de nos tissus. Leur capacité d'adaptation confine au miracle. La teneur en calcium des os dé-pend de la mesure dans laquelle ils sont sollicités. La capacité des cartilages à amortir les chocs dépend des pressions qu'ils ont à supporter. La force d'un muscle dépend de son implication énergétique.
En plus des programmes qui nous ont appris à nous tenir correctement, notre maintien dépend aussi de l'entraînement de nos tissus. Cela n'est pas seulement valable pour la musculature, mais aussi pour les disques intervertébraux, les ligaments, les articulations de la colonne vertébrale entre autres.
POURQUOI LES MUSCLES SE CRISPENT-ILS ?
Un muscle déploie de la force. Celle-ci sert à la posture et au mouvement. Des milliers de fibres musculaires y contribuent. Le système nerveux active, chaque fois selon les besoins, un certain nombre de fibres. Un effort important en nécessite beaucoup, alors qu'une légère sollicitation en demande moins. Les fibres musculaires se fatiguent rapidement. Plus la sollicitation est durable, plus les fibres se trans-forment en cours d'implication. Les premières fatiguées sont relayées par d'autres. Cet échange permet le travail d'endurance. Si l'effort exigé est trop grand ou trop durable, le système nerveux cherche à intensifier l'activité des fibres musculaires, qui alors se crispent.
Le muscle émet également de la chaleur. Si le milieu est trop froid, la musculature s'active et produit de la chaleur. Si elle n'a pas de travail mécanique à fournir, la musculature se crispe. Lorsqu'une surcharge des ligaments due à une mauvaise posture provoque des douleurs, la musculature du dos s'active pour calmer l'endroit douloureux. Conséquence : une crampe musculaire apparaît.
Si la musculature doit accomplir un travail de longue durée sans possibilité de mouvement, son alimentation est interrompue. Il en résulte de la fatigue et, plus tard, de la crispation. Stress, anxiété et bruit, par l'activation de certaines zones cérébrales, sont également vecteurs de crampes musculaires.
POURQUOI LE MOUVEMENT EST-IL SI IMPORTANT ?
"On the move" - Il nous faut du mouvement ! Pourquoi ? Nos tissus vivent d'un approvisionnement constant en oxygène et en substances nutritives. De même, les métabolites sont constamment produits et évacués. Pour produire et éliminer toutes ces substances, il faut de l'énergie et des voies de circulation.
Les axes principaux de notre système d'approvisionnement sont les vaisseaux sanguins, le moteur de ce système est le cœur. Cependant, notre corps n'est pas constitué à 100 % de sang. Un homme de 60 kg a, au plus, 6 litres de sang, soit au maximum 10 % du poids de son corps.
90 % de notre masse corporelle se situent en dehors ou entre les vaisseaux sanguins. C'est là que sont les cellules et les tissus à approvisionner.
Mais quelles sont les forces qui déplacent les substances nutritives dans ces zones ?
Représentons-nous notre corps comme une éponge imbibée d'eau. Si nous pres-sons un côté de l'éponge, l'eau se déplace du côté qui n'a pas été pressé. Si nous appuyons maintenant sur l'autre côté, l'eau revient où elle était. De la même manière, chaque mouvement du corps, chaque changement de posture entraîne des variations de rapport dans les tissus. Ceux-ci sont traversés par des flux.
C'est par nos mouvements que nous alimentons nos tissus. En outre, les vaisseaux sanguins sont comprimés à l'intérieur des muscles cons-tamment tendus qu'ils parcourent. la circulation sanguine n'est possible qu'à par-tir du moment où il existe une action musculaire déployée en alternance. Les mouvements complètent la fonction de transport assumée par le cœur. nous vi-vons grâce au mouvement !
QUEL RAPPORT EXISTE-T-IL ENTRE LE MAINTIEN ET LE PSYCHISME ?
Des recherches effectuées auprès de nombreuses personnes actives ont démontré qu'il existait un lien évident entre la satisfaction ressentie au lieu de travail et les douleurs dorsales. On a constaté que les problèmes de dos évoluaient plus favorablement chez ceux qui étaient contents de leur travail.
Nous savons aussi, sans avoir besoin de nous référer à des recherches, mais simplement sur la base de notre expérience tirée de la vie quotidienne, que notre humeur peut laisser sa trace sur notre maintien. Bien disposées, nous marchons droit (au propre comme au figuré !) vers notre but.
La morosité ou l'anxiété nous envahissent : la tête est basse. Le maintien perd tout ressort. La fatigue, l'absence d'initiative ou de but le rendent atone. Notre posture et nos mouvements ont valeur de langage. La plupart du temps, l'être humain réagit inconsciemment à ces signaux provenant de notre maintien. Stress, angoisse et nervosité provoquent un accroissement involontaire de la tension musculaire. L'angoisse donne lieu à une augmentation mécanique de pression et par conséquent de nouveau, à une surcharge des tissus.
La personne éveillée, extravertie, habite " son espace ". Elle est en mouvement, aussi, entraîne-t-elle ses tissus. Le résigné, en revanche, a un air abattu, réfugié dans l'immobilité.
Des recherches récentes ont prouvé qu'il y avait une liaison nerveuse entre les aires du cerveau, où se déploient les processus psychiques, et les cellules qui commandent les muscles dans la moelle épinière.
Techniques de relaxation et gestion du stress peuvent aider à résoudre les conflits.
Souvent, de simples discussions engagées par les personnes concernées entraînent la disparition de douleurs dorsales. Une bonne atmosphère dans le milieu professionnel (l'ameublement, les pauses en font partie) contribue à réduire les tensions.
Transparence dans la répartition du travail, clarté dans l'établissement des champs de compétences et dans les critères d'avancement, ce sont là autant de facteurs qui contribuent à réduire l'éventuel climat d'insécurité régnant au sein d'une entreprise.
Malheureusement, nous n'apprenons pas encore assez, à l'école et pendant la formation professionnelle, à communiquer avec tout la clarté souhaitée et à faire part de nos préoccupations en temps opportun.
Source : http://www.vistawellness.ch/new/francais/didactiques/didanatomie.htm